Les Ô troubles

Les Ô troubles

The Goon, Tome 1 : Rien que de la misère, Eric Powell, chez Delcourt, (2005)

L’histoire 

       La ville est envahie, partout se rencontrent zombies, loups-garous, vampires et créatures en tout genre qui semblent directement sorties du cœur d’un réacteur nucléaire. Et rien ne s’arrange lorsqu’un prêtre crapuleux et fou prend la tête des hordes de morts-vivants… Une seule personne paraît pouvoir contrecarrer ses plans, lutter contre certaines formes de mal : le Goon. Il est le bras armé d’un chef redouté, le seul à être suffisamment craint pour faire régner un semblant d’ordre. A cela s’ajoutent les aventures secondaires intrinsèques à la vie dans ce genre de lieu…

 

Eric Powell

            Je découvre The Goon et je découvre son auteur qui à la lecture de ce que je trouve à son propos ne manque pas de me plaire encore plus ! C’est un artiste autodidacte, qui aime travailler chez lui entouré des siens dans le calme des forêts du Tennessee. Il a à son actif un certain nombre de participations à divers ouvrages (depuis 1995, il a collaboré avec Marvel Comics, d'abord comme encreur pour Hulk et Black Panther, avec DC Comics pour Batman - Arkham Asylum : Living Hell et plus notablement avec Dark Horse pour BuffyAngelStar Wars Tales ou encore Hellboy : Histoires Bizarres. Mais son personnage, celui qu’il a créé, dessiné, fait parler, placer au cœur d’un monde, etc. c’est le The Goon ! Et c’est lui qui lui offre le plus de succès avec un International Horror Guild Award en 2004 et un Eisner Award dans la catégorie meilleure histoire publiée aux Etats-Unis au cours de l’année.

 

 

        Impression à chaud, impression première : je sens que je vais adorer cette série dont « Rien que de la misère » n’est que le tome premier et laisse déjà entrevoir les bons moments à venir.

 

        Je dois l’avouer, j’ai eu un peu peur du style graphique au début de ma lecture et puis…non, les jets de couleurs, l’aspect bande dessinée kitch des années passées… tout finit par devenir méchamment appréciable, grossièrement séduisant ! Le trait est dynamique, la couleur frappante (mais sans faire mal aux yeux non plus, rassurez vous !) le rythme est soutenu, on fonce, on traverse les aventures de ce Goon qui ne sont pas sans jouer sur certains clichés avec délicatesse et humour (rien qu’un exemple, si vous passez par la page dix, vous ne manquerez pas de remarquer Joey La Boule !) On pousse deux trois zombies qui giclent, un singe mort-vivant/mutant génétique géant dont l’estomac explose, un vampire sans envergure, des poulpes énormes, une vieille gâteuse qui se roule dans la boue en enfilant des yeux de chat…je m’arrête là car je pense que vous avez déjà relevé le coté magnifiquement hétéroclite de cet album (on retrouve même un petit « conte » de Noël façon Goon …). Bref, au final le style graphique colle très bien à ce tome haut en couleurs. Je tiens à ajouter que ce n’est pas là le seul potentiel de Powell qui se découvre ici. En effet, l’artiste n’hésite pas à prendre une tout autre plume lorsqu’il est question d’évoquer l’onirique…et alors on comprend ; il sait aussi bien manier le dessin « fin » que le reste ! C’est donc bien un choix délibéré que de placer son Goon (il s’agit bien du sien !) dans un style graphique tout autre. Ces parenthèses de rêves sont illustrées avec une magnifique habileté, les ombrages et les reliefs sont beaucoup plus présents et c’est un vrai bonheur pour les yeux !

 

 

        Il y a donc la multitude de personnages et la diversité des graphiques, mais autre chose est à préciser ici : l’humour. Voilà bien un aspect que je ne dois pas oublier de mentionner pour parler de ce tome, en ajoutant bien sûr qu’il est plutôt noir et décalé ! Il y a cette force de la nature démesurée qu’est le Goon et son acolyte Franky, le petit nerveux toujours à sautiller à côté du gros costaud. Le style graphique de ce personnage est intéressant, ses yeux vides sont amusants, presque une caricature…La combinaison des deux, leur réflexion face à une multitude de situations, leurs expressions faciales, les clichés…il y a du cru, mais aussi de quoi sourire, presque une violence enfantine et burlesque…bref, vous n’allez pas vous grattez le cerveau pour finir ce comics et ça c’est bon!

Eric Powell a dû s’éclater à travailler sur son Goon et ça se remarque. L’ouvrage est rythmé par des pages magnifiquement illustrées présentant son homme/monstre/force de la nature dans différentes postures, tel un album photo jauni, atemporel et irréel.

 

       En revanche je dois l’admettre, il y a un bémol…l’absence d’histoire vraiment construite, de trame, de fil conducteur clair…Oui, on en prend plein les yeux, on sourit, on s’étonne, mais au final, la diversité des récits, des « micro-aventures », ne laisse que peu de place à une histoire construite et bien ficelée, c’est dommage. Cependant, ce n’est pas bien grave pour ce premier tome…voyons la suite…

 

Et si vous voulez découvrir un peu tout ça :

http://www.thegoon.com/

 



25/01/2013
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