Les Ô troubles

Les Ô troubles

American Vampire, tome 1-Sang neuf, scénario de Scott Snyder & Stephen King, dessin de Rafael Albuquerque et couleurs de Dave McCaig chez Vertigo 2013 (2010 pour la sortie U.S.)

        Enfin, je trouve le temps de vous parler de cette série fort rafraîchissante entamée il y a maintenant un moment ! Dans un premier temps rebutée, puis interloquée et enfin carrément curieuse, me voilà explorant Stephen King qui se livre au scénario comics aux côtés de Scott Snyder (on est plus habitué à le voir adapter ses propres oeuvres...). Le tout illustré par le séduisant dessin de Rafael Albuquerque !

 

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        Alors, je vous préviens tout de suite, les vampires pour midinettes de Twilight ou les « trucs » de Buffy, je les exècre ! Je les vomis ! Je les petitmorceauise pour reprendre une réplique qui m’est chère. Donc, les créatures aux longs crocs « qui mettent des paillettes noires parce que c’est boÔo » j’évite de les croiser ou de les avoir dans ma biblio-dvd-thèque ! De fait, là : ravie ! Je fus ravie ! Ici la viande saigne, le vampire prend un côté escroc crade, ou encore vieux schnock sadique ! C’est ce point de lumière qui m’a attirée vers ce comics, qui m’a fait signe d’entrer et une fois à sa table, je dois bien le dire : pas déçue !

 

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        Alors, l’histoire est simple : par un curieux hasard, Skinner Sweet, hors-la-loi né en 1850 au Kansas, se trouve contaminé par le sang d’un vampire européen…une nouvelle espèce apparaît avec ce bandit…Mais, cette « naissance » n’est pas du goût de la vieille gent vampirique qui, issue du vieux continent, s’est installée dans cette Amérique encore frémissante pour y construire une pérenne fortune. À l’aspect pâle et décharné, ces aristocrates vieillissants s’avèrent perfides et plutôt raffinés dans leurs divertissements. Ce qui me fait dire ça ? Le tronc humain qui fait office de décors, enchaîné au dessus de la table dans l'une des scènes finales…par exemple…

        Skinner Sweet est bien différent d’eux, américain au chapeau de cow-boy et santiags crades, il mâchouille avec un air de se foutre de vous…Un hors-la-loi façon western quoi ! Sur sa route, il contamine la jeune Pearl Jones, touchante femme enfant qui rêve de voir un jour son nom en haut d’une affiche hollywoodienne…J’adore cette petite !

Les personnages sont donc, en ce qui concerne le récit, tout à fait à mon goût. L’amitié ne tient qu’à un fil, les « bons » ne gagnent pas toujours. On ne peut pas vraiment parler d’une très grande profondeur, mais au moins, ils savent me convaincre et donner du relief au tome !

 

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        Mais, ce qui est vraiment agréable avec Sweet, dans ce premier volume en tout cas, c’est qu’il est un hors-la-loi, un bandit qui se racle la gorge et se fiche pas mal d’avoir une coupe à la Edward Cullen !  Lorsque Pearl se fait attaquer par des buveurs de sang, elle ne revient pas le rose aux joues et le cœur chantant ! Non, ce retour donne lieu à une double page : la belle porte des bas déchirés, ses chaires sanguinolentes sont par endroits arrachées et son visage marqué d’effroi tandis que ses bras torturés protègent un buste nu. Voilà un vampirisme de comics adorable !

 

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        Si l’on s’attache au visuel, part essentielle de la lecture d’un comics en ce qui me concerne, ça me convient tout à fait (ce qui revient ici à dire « Va, je ne te hais point » !). Soit je ne suis pas compliquée, soit il y a ici un trait vraiment agréable. Les proportions sont admirablement bien respectées, le ressenti des personnages passe régulièrement dans les vignettes. Les transformations sont remarquables (cette planche où Sweet se réveille au fond de l’eau ! Waouh !) Ici, les personnages, bien que couchés sur papier glacé, dégagent une énergie folle dans leurs mouvements. Lorsqu’il y a un bond, on le sent, un cri, on l’entend !

 

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        Les couleurs, elles aussi, jouent un rôle primordial pour plonger le lecteur dans l’ambiance de cette Amérique poussiéreuse. Plutôt sombres, elles invitent aussi bien à se plonger dans une ambiance de tournage vintage que dans le pourpre d’une antichambre angoissante.

 

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        Enfin, de manière générale, voilà un premier tome de bon augure ! Des vampires sympas, une époque pas désagréable et un scénario qui tient la route…tome deux, j’arrive !

 

PS : Sachez de plus que ce volume de Vertigo est enrichi de nombreux commentaires, d’une galerie de couvertures et d’un carnet de croquis ! 

 

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08/10/2013
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