Les Ô troubles

Les Ô troubles

Ochazukenori, Réincarnation, Editions Delcourt, collection Obon, 2006

6/10

 

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        C’est de manga dont il est question aujourd’hui avec ce petit recueil d’Ochazukenori. Mon avis sera rapide, puisque les 7 histoires de ce volume sont elles-mêmes plutôt brèves (25 pages maximum par scénario), et que je ne vais pas les citer une à une. Pourquoi ne pas les réutiliser ? Et bien parce que l’un des points forts de cet ouvrage (selon moi) c’est cet enchaînement de surprises, d’histoires qui, les unes après les autres se suivent sans se ressembler, et vous étonnent toujours par leur macabre créativité.

 

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        Brèves donc, mais efficaces : construites avec brio, elles suscitent toutes l’angoisse. On retrouve à nouveau plusieurs registres « classiques » de l’effroi : savant fou, source mortelle, meurtre passionnel, difformité monstrueuse, etc. Mais aussi quelques nouveautés, quelques situations qui vous mettront forcément mal à l’aise !

 

        Se dissimulent également entre ces lignes un panel de vices, l’expression de frustrations terriennes, la concrétisation un peu absurde parfois de sentiments humains poussés dans leurs plus sordides retranchements… Y aurait-il une morale derrière certains de ces textes ?

 

        L’auteur rédige des scénarii plutôt flippants donc, bien que déjà exploités pour certains, comme le vol crapuleux de mémoire, larcin qui nous transformerait en coquille vide, en mort vivant. Ou encore, la solitude face à l’infini de l’espace, à bord d’un vaisseau sur lequel l’un des occupants compte bien s’amuser un peu. Il y a aussi ce savant qui n’a jamais vraiment abandonné le cloaque qui lui sert de laboratoire… Et le tout, rougit d’hémoglobine omniprésente tout au long de la lecture.

 

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        Bref, sur le plan des idées, une fois de plus, l’imagination d’Ochazukenori semble sans limites. D’ailleurs, l’auteur nous éclaire sur sa façon de travailler, victime d’une terreur nocturne incroyable et qui semble, nuit après nuit, devenir sa muse :

« Il m’est difficile d’expliquer cette sensation atroce de temps qui s’arrête ou de nuits qui n’en finissent plus. L’angoisse augmente et mon sang se fige. Je vois une tête de monstre à ma fenêtre. Derrière ma porte, l’enfer… […] Ma chambre s’est transformée en une maison de l’occulte. Si à la lecture de mes livres, vous ressentez des sentiments de panique de ce genre, ou si mes histoires vous mettent mal à l’aise, j’en suis enchanté ».

 

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        Et bien, enchanté, vous pouvez l’être M. Ochazukenori, puisque lorsque l’on se met à la place de vos personnages, on ne peut, en effet, que ressentir angoisse, panique, voire dégout. Néanmoins, pour le type de lectrice que je suis, la rapidité voulue ici n’est pas très appropriée à une véritable ambiance horrifique. Il me manque parfois un petit « quelque chose » qui me permettrait l’immersion totale, celle dont j’ai besoin pour aimer pleinement une lecture.

 

        J’aime donc cet enchaînement horrifique, j’aime le rythme, et en même temps je le lui reproche… Pas forcément très clair, je l’avoue… Pourtant d’habitude, j’aime trancher ;) 

 

 



05/08/2015
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