Les Ô troubles

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Le territoire des Ombres : Le monde interdit, un film de José Luis Aleman, 2013, espagnol

 

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        Rappelez-vous, il y a quelque temps je vous parlais de la première partie d’un dytique qui ne m’avait pas emballé plus que ça, Le territoire des ombres : le secret des Valdemar. La seule chose qui, à la rigueur, pouvait sauver le film de José Luis Aleman c’était une certaine mise en scène d’un XIXéme siècle qui faisait apparaître rapidement le mage Alester Crowley et Bram Stocker, entre autres. Vaguement inspiré par l’œuvre de Lovecraft, je n’avais pas trouvé le film forcément très intéressant ni même très divertissant. Déçu aussi par le fait que l’œuvre de Lovecraft, comme c’est souvent le cas au cinéma, n’y était pas réellement mise en valeur. D’ailleurs est-il possible de mettre l’œuvre de Lovecraft en valeur au ciné ? Je ne répondrai pas ici à la question, mais ce qui est certain, c’est que ce n’est pas avec ce second film, et donc la fin de ce dytique, que l’œuvre du solitaire de Salem sera mise en scène d’une façon majestueuse. Ennuyeux, mal joué, Le Monde interdit est une production à la limite du lamentable et du grossier, mangeant à tous les râteliers afin d’attirer à lui un vaste public, ne proposant aucun choix dans l’écriture ou dans la mise en scène.

 

        Dans ce second volet, nous suivons donc les aventures des protagonistes déjà présents dans le premier opus. Résumons succinctement le film : Luisa est dépêchée par une étrange société pour expertiser une maison dans laquelle, on l’apprend précédemment, d’étranges rites se sont déroulés. Bien des choses mystérieuses se passent dans cette demeure. Mais ce qui a enlevé Luisa est tout autre. Oscillant entre le survival, le slasher avec des « méchants tueurs », et le faux film de monstres et son Chtuluh plutôt réussit, difficile d’accrocher à la bande. De plus, cette dernière part dans tous les sens et enchaîne des scènes absolument ridicules.  Rite bidon, méchant grotesque et twist que l’on voit venir à cent lieux ! Tout ce qui fait l’œuvre de Lovecraft, tout ce que l’on aime est quasi gommé. Bien évidemment, on retrouve le thème de la maison, le thème du mage rendu fou, mais il manque l’ambiance, la subtilité qui aurait pu être amenée par un jeu d’acteurs, une lumière. Ici, on a les attributs grossiers de l’univers « lovecraftien » sans toutefois la classe, sans la mise en scène qui pourrait aller avec. On fait de Lovecraft (qui d’ailleurs apparait vaguement et furtivement dans le film) un cliché, une banalité. On oublie toute la cosmogonie du maître de Providence, toute l’ambiance et son fantastique bien particulier. Une fois encore, le cinéma trahit le mythe de Chtuluh !

 

        Alors, bien évidemment, il s’agit d’une adaptation et je suis d’accord qu’il faut toujours modérer les propos dans ce sens, mais pour moi l’univers de Lovecraft est ici complètement trahi. Tout au long de l’histoire du cinéma, l’œuvre du maître de Providence a toujours été pillée. Le plus connu reste bien sur Stuart Gordon en 1985 avec son Re-Animator. Ce dernier avait au moins l’avantage de jouer la carte du gore, du sexy et du second degré. Ici même pas ! Lucio Fulci, en 1981,  avec La maison prés du cimetière s’amusait avec le Necronomicon et le côté le plus horrifique de Lovecraft. Ici, la mise en scène est trop ridicule et n’a bien sûr pas la classe d’un Fulci. La liste des films dans l’univers de Lovecraft est bien trop longue pour être entièrement citée ici, mais ce qui est certain, c’est que ce dytique des Valdemar ne sortira pas du lot !

 

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25/04/2014
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