Les Ô troubles

Les Ô troubles

Les contes d’Amy, de Frédéric Livyns aux éditions Edilivre

 

Il s’agit là d’un recueil de nouvelles signées par l’auteur belge Frédéric Livyns, et pas n’importe quel recueil étant donné qu’il a reçu le prix Masterton 2012 pour ce travail !

 

 

J’étais très (vraiment très !) impatiente de lire ces petites histoires qui, nous dit l’auteur, sont le fruit de l’esprit dérangé de la petite Amy, enfant mystérieuse au visage de vieille femme, imprégnant d’une aura malsaine les murs de son ancien asile…C’est en visitant ce dernier que l’épouse d’un potentiel acquéreur trouve son carnet, celui là même qui terrorisa pendant plusieurs années les patients de cet établissement. C’est plus fort qu’elle, ses yeux glissent sur les pages et elle nous entraine dans sa lecture, découvrant ainsi les petites histoires morbides d’un esprit putride…

 

Un bon pressentiment en regardant la couverture (réalisée par Tina Chondropoulos) qui représente une enfant ( ?) vraiment étrange, effrayante et de ce fait…attirante ! Mais, dès la première nouvelle mon ressenti fut tout autre. Frédéric Livyns n’a pas réussi à me faire réellement frissonner comme j’aime. Ses nouvelles sont charmantes, c’est indéniable, mais pour moi elles restent avant tout classiques. Très classiques. Trop classiques. Pour être tout à fait franche il y en a où j’avais deviné la fin dès les premières pages. Ce n’est pas pour autant qu’elles ne m’ont pas plu, bien sûr que non, mais je dirais que je m’attendais à quelque chose de plus…fort ?

 

A la lecture du texte « Fin de la route », je n’ai pu m’empêcher de penser à la sublime nouvelle de Mélanie Fazi (que j’aime beaucoup !) « Nous reprendre à la route » (Dans son recueil que je conseille absolument Serpentine). A la différence près que celle de Mélanie Fazi va plus loin, m’a surprise. Ce n’est pas que celle de Frédéric Livyns n’est pas soignée ou n’est pas agréable, mais elle est moins, comment dire, moins profonde peut être ?

« Le village maudit », nouvelle que l’auteur dédit à Claude Seignolle, m’a davantage absorbée ! D’abord parce que cette ambiance de village isolé façon bête du Gévaudan m’est automatiquement sympathique. Ensuite parce que, bien que craignant un instant de lire une fin sans surprise, je dois avouer que j’étais dans le faux et que cette fois, l’auteur m’a bien eue ! La chute de cette histoire n’est pas celle à laquelle je m’attendais !

D’autres nouvelles comme « Au revoir » et «  Eurydice » sont plus touchantes qu’effrayantes (du moins c’est mon ressenti) et finalement, ce n’était pas ce que j’étais venue chercher…Ce qui n’enlève rien à la beauté morbide des textes.

« Réminiscences » m’a bien bluffée par contre ! Les monstres, les visages déformés, la folie, la chair à vif ! On se demande, on veut comprendre, et finalement, même si la fin est classique (déjà utilisée pourrions nous dire) le résultat est tout de même positif !

« La véritable nature de l’homme », là, surprise ! Et agréablement surprise ! Amusée aussi, un peu gore, un peu déroutant, elle m’a fait sourire rouge ! (Je n’en dis pas plus car je ne veux pas gâcher le plaisir de la découverte, comme toujours !)

« L’ami », voilà un petit texte comme j’aime. Toujours rien de vraiment original ni surprenant mais le récit est agréable, le frisson plane sans s’imposer, il y a un soupçon d’innocence morbide et j’aime ça !

Reste d’autres petites nouvelles qui m’ont laissée sans émotion…endormie…

Pour conclure, ce recueil est agréable mais ne vous attendez pas à quelque chose de totalement nouveau (je vous conseillerais peut être plus, si c’est ce que vous recherchez, Andrevon et Tous ces pas vers l’enfer aux éditions Glyphe, ou encore le merveilleux  Chair et tendre d’Amelith Deslandes aux éditions La Madolière)

 



01/09/2012
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